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Forces armées maliennes : Un pas de géant dans la reconquête du lustre d’antan

C’est une armée professionnelle et mobilisée pour la défense de la patrie qui a célébré ses 63 ans le samedi 20 janvier 2024. Ce sont des Forces de défense et de sécurité (FDS) qui reviennent surtout de loin après avoir été réduites par les «démocrates» à n’être que l’ombre d’elles-mêmes, juste des symboles. En conséquence, la République a été ébranlée dans ses valeurs par des obscurantistes animés de la lugubre volonté de nous soumettre à leur diktat loin d’être un simple fanatisme religieux. Mais, aujourd’hui, notre outil de défense a fait un pas de géant dans la reconquête de sa puissance d’antan. Ne serait-ce que pour cela, le putsch du 18 août 2020 a été salutaire pour le Mali.

Fragilisée par les démocrates (par crainte sans doute des putsches auxquels ils n’ont malheureusement pas échappé en 2012 et 2020), l’Armée malienne a connu une longue traversée du désert avec l’avènement de la démocratie. Au nom des principes aussi vagues que galvaudés, comme la notion de «Pays frontières» ou de «l’Armée de nos besoins», ils ont désarmé le pays. Et cela dans leur propre intérêt (se mettre à l’abri des coups de force) et non de l’intérêt général. Au moment où des pays comme les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la Turquie… ne cessent de nous démontrer que le développement économique va de pair avec la puissance militaire, nos dirigeants avaient réduit notre outil de défense à une existence symbolique.

Les accords de paix signés depuis 1992 avec les différentes rébellions ont achevé ce travail de sape, à travers notamment les programmes de «Désarmement, démobilisation et réinsertion» (DDR). Ils ont progressivement soustrait au contrôle de nos Forces de défense et de sécurité (FDS) une grande partie de notre territoire : le nord progressivement «démilitarisé» afin de permettre aux groupes armés de se livrer à leurs activités illicites et déstabilisatrices du pays. Ces accords de paix ont également ouvert la porte de la bergerie aux loups à travers la politique d’intégration d’anciens rebelles. En fait, ceux-ci n’ont intégré nos forces armées que sur le papier et dans les discours. Ces «intégrés», ou plutôt ces espions, ont toujours été de véritables chevaux de Troie dans les rangs de nos FDS.

D’ailleurs, en 2012, les attaques contre des camps des FAMa dans le centre et dans le nord du pays ont été dirigées par des intégrés déserteurs. Cette trahison a par exemple favorisé le massacre d’Aguelhoc ou le Capitaine Sékou Traoré dit BAD et son bataillon ont farouchement résisté pendant près d’une semaine (du 18 au 25 janvier 2012) aux assauts meurtriers des éléments déchaînés du MNLA, d’Ançar Dine et d’Aqmi commandés par le Colonel déserteur Ibah ou M’Bam Ag Moussa dit «Bamoussa» (le 10 novembre 20220, dans la zone de Ménaka). Malgré qu’ils se soient rendus parce que n’ayant plus de munitions pour se défendre, certains ont été tués d’une balle à la tête et d’autres égorgés. Ce traître de Bamoussa Diarra avait participé en 2012 aux batailles de Ménaka, Aguelhoc, Tessalit et Kidal. Tout comme il avait mené l’attaque de Dioura le 17 mars 2019.

Malheureusement, nos dirigeants avaient continué avec les mêmes erreurs sous couvert de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali (APR) comportant un volet DDR (désarmement, démobilisation et réintégration) et ne tolérant la présence dans le septentrion que des bataillons de la «Nouvelle armée reconstituée». Quelle  honte !

Refus de laisser la défense nationale entre les mains des forces étrangères

Autant dire que sans le coup d’Etat du 18 août 2020, notre armée allait continuer à n’être que l’ombre d’elle-même abandonnant la défense du pays aux forces étrangères plutôt préoccupées par les intérêts économiques et géostratégiques des puissances extérieures que par la stabilité du pays. Depuis l’amorce de la rectification  en mai 2021, l’Armée malienne ne cesse de reprendre du poil de la bête. Une montée en puissance qui découle de la prise de conscience par les autorités militaires de la Transition que la sécurité et le développement sont intimement liés. Il ne saurait y avoir de progrès socio-économiques dans un pays en proie à une instabilité chronique.

Tout comme il ne saurait y avoir de sécurité dans un pays où les forces vives tirent le diable par la queue. «La sécurité est prioritaire, car tout le reste en dépend… Sans sécurité, il est difficile d’obtenir la stabilité politique tant souhaitée par le peuple malien depuis quelques années», a souligné le président de la Transition, Colonel Assimi Goïta, lors de la présentation des vœux du nouvel an des familles fondatrices de Bamako, des leaders religieux et des forces vives de la nation le 15 janvier 2024.

Autant la persévérance est un facteur de réussite dans la vie de tous les jours, autant il est utopique de penser au développement dans un environnement affecté par l’instabilité. La stabilité est inexorablement l’une des conditions sine qua non de l’émergence économique d’un pays, d’une région… La preuve est que, depuis plus d’une décennie, l’insécurité prive notre pays de ressources  précieuses que lui procuraient, entre autres, le tourisme, la culture de l’échalote dans le Pays dogon, l’élevage… L’armée de nos besoins est donc celle qui veille strictement à la stabilité du pays.

Aujourd’hui, un pas de géant a été franchi pour doter notre pays d’un véritable outil de défense. Les Maliens ont repris confiance en leur armée qui traque les terroristes et les criminels de tout acabit pour leur quiétude. «Au début, je ne recevais que des appels de désespoir des populations un peu partout à travers le Mali. Des populations qui ne savaient plus à qui s’adresser. Aujourd’hui, les appels que je reçois sont surtout des messages de félicitation et de fierté pour le travail abattu dans le domaine de la sécurité… Les Maliens ont repris l’espoir», témoignait récemment (dans une interview) Dr Fousseynou Ouattara, président du Collectif pour la refondation du Mali (COREMA) et membre de la Commission défense et sécurité du Conseil national de Transition (CNT).

Le sacrifice consenti par les Maliens commence à porter ses fruits

Cela a été possible parce que le Colonel Assimi Goïta et ses frères d’armes ont eu le courage de prendre leur responsabilité pour réarmer (sur les plans moral et logistique), recruter massivement et déployer l’armée sur toute l’étendue du territoire. Cela a été possible parce que les Maliens le voulaient et l’on voulu en faisant preuve d’une incroyable résilience. Il fallait du courage, de l’abnégation et du patriotisme pour y arriver. Nous y croyons et nous y parviendrons !

La reconstruction d’un véritable outil de défense, dans un environnement où les nouvelles menaces prolifèrent, est une œuvre de longue haleine. D’où la nécessité, comme l’a affirmé le président Assimi Goïta après le défilé du 20 janvier 2024, de poursuivre les opérations de stabilisation tout en engageant la participation active des communautés locales dans ce processus crucial pour l’avenir du Mali. Comme ce fut toujours le cas depuis que nous avons décidé d’assumer nous-mêmes notre défense (en mettant fin à la présence encombrante des forces internationales), le chemin sera toujours semé d’embûches.

On tentera par tous les moyens de salir notre armée, de ternir son image à travers des campagnes d’intoxication de l’opinion internationale. Il nous reviendra alors de prouver que notre confiance en notre armée est inébranlable. Nous devons alors continuer, comme l’a dit Cheick Boucadry Traoré (dans son message du 20 janvier 2024) à «soutenir les dignes femmes et hommes irrésistiblement engagés dans une lutte sans merci pour non seulement défendre l’honneur et l’indépendance de notre patrie, mais aussi pour maintenir les principes de la liberté et de la paix». Continuons aussi à garder «cette confiance sacrée» en nos FDS.

Comme souhaité par Cheick Boucadry Traoré, «souvenons-nous également de ceux qui sont tombés au champ d’honneur. Leurs vies étaient plus que précieuses. Le drapeau et l’armée sont indissociables depuis les premiers jours de l’indépendance. Un lien sacré existe entre les deux. Partout où un soldat malien s’est tenu et a combattu, le Tricolore a toujours été là, guidant la voie à suivre sur le champ de bataille et veillant éternellement sur les vaillants guerriers qui ont donné la dernière mesure de leur dévouement».

Et de rappeler, «notre drapeau ne flotte pas parce que le vent le déplace, mais grâce au dernier souffle de chaque soldat tombé en le protégeant. Nous nous tenons debout pour le drapeau, nous nous agenouillons pour ceux qui sont tombés au champ d’honneur… Rendons-les Honneur, Amour et Gratitude». Né de l’héritage des Grands empires, le Mali fut un grand pays, le Mali est en train de redevenir une grande nation… Et il ne dépend que de nous qu’il le soit !

Moussa Bolly

Le Matin

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