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Ces Israéliens qui assurent la sécurité de Paul Biya

Secoué par le coup d’État de 1984, et en même temps profondément versé dans des textes traduits de l’hébreu comme la Kabbale, Paul Biya a toujours confié sa propre sécurité à des experts venus d’Israël.

Olivier Vallée

Dans la plus haute sphère du pouvoir camerounais,  où se trouve encore pour un temps un potentiel successeur de Paul Biya,  Ferdinand Ngoh Ngoh, on ne peut pas ne pas mentionner le général israélien Baruch Mena, très proche du tout puissant secrétaire général à la présidence (SGP) Ferdinand Ngoh Ngoh, et d’Eran Moas, l’homme clé du dispositif israélien au Cameroun.

Ce dernier a procédé, ces derniers temps, à plusieurs opérations immobilières qui ont été d »noncées à Paul Biya par des collaborateurs envieux.L’ex-homme fort du renseignement camerounais Maxime Eko Eko (National Intelligence Agency) devait enquêter sur les attributions de terrain à Yaoundé et Douala relatives aux sociétés de Moas. Résultat, une note signée par le Bataillon d’Intervention Rapide (BIR), la garde prétorienne du régime encadrée par des barbouzes israéliens, a mis fin à la carrière de ce sécuritaire trop curieux en l’impliquant dans l’assassinat d’un journaliste. Cepuis,Maxime Eko Eko est relégué à présent dans une cellule du Secrétariat de la Défense à Yaoundé.

Livraison d’armes

Au départ de ce contrat de confiance entre Paul Biya et Israel, se trouve l’ex Président Mobutu lui présente l’homme d’affaires Meir Meyuhas, d’origine égyptienne qui a travaillé pour le Mossad. Son fils Sami prendra le relais qui dispose également d’une licence officielle d’exportation de matériel militaire israélien. Meyhuas occupe en permanence la suite 802 du Mont Fébé hôtel, orgueil de Yaoundé au milieu des années 1980. Et il fait venir le colonel Avi Sivan pour l’assister.

Le Colonel Abraham Avi Sivan sera le plus charismatique de ceux qui se sont attelés à la transformation de l’armée camerounaise. Il est issu de l’élite des « Israel Defense Forces », une unité nommée Duvdevan[1]. Présenté comme attaché militaire de l’ambassade d’Israël à Yaoundé , il sera en fait conseiller en sécurité de Paul Biya dès 1986 et entraine la garde présidentielle. C’est lui qui formalise en 1999 le projet de Bataillons d’intervention rapide (BIR) qui seront dotés d’armes performantes et de provenance israélienne. Très attaché au Cameroun, il y réside pour sa retraite active. Il y dirige un conservatoire de la faune pour les grands singes au titre de la fondation « Ape Action Africa (AAA) »[2]. Il décède dans un crash[3] d’hélicoptère le 23 novembre 2010.

Il laisse les soldats du BIR avec un arsenal[4] d’origine israélienne impressionnant. « Weapon Industries (IWI) » doit équiper chaque recrue d’armes récentes et couteuses dont des ACE 21, des Galil, et à présent des fusils d’assaut Tavor qui valent $1,900 chacun.

1000 $ par jour

Plus discrets que Sivan, les nouveaux chefs israéliens du BIR n’en sont pas moins actifs faisant venir chaque année depuis 2010 une centaine de moniteurs dont la rémunération jour serait de $ 1000.

Le général Erez Zuckerman prend la place de Sivan en 2012. Ancien général de Brigade il a dû démissionner pour fautes militaires durant la guerre du Liban en 2006.

Il est présent dès 2012 à Bakassi qui représente donc très tôt un terrain privilégié pour le BIR positionné à la frontière avec le Nigéria. Zuckerman est vu à Salak au nord Cameroun en 2018 dans le camp du BIR où la torture et la séquestration sont pratiquées.

Eran Moas à la manoeuvre

Il semble que depuis c’est Eran Moas, sans palmarès militaire, mais employé du conglomérat israélien Tadiran en charge du système de communication des Israel Defense Forces qui a pris le relais. Recruté par le gouvernement camerounais, Eran Moas se déplace avec des militaires camerounais en tenue de parachutistes israéliens et se fait appeler indifféremment capitaine ou général. Malgré ces postures martiales, il appartient plutôt à la génération des hommes d’affaires d’influence en Afrique comme Gaby Peretz, Didier Sabag, Orland Barak, Hubert Haddad, Eran Romano et Igal Cohen. Ils franchissent les portes des palais présidentiels à Conakry comme à Abidjan. Bien entendu les écoutes et la surveillance électronique sont leurs meilleurs atouts avec des sociétés telles que Verint, le NSO Group, inventeur du fameux « spyware software Pegasus ». Mais il ne faut pas négliger le Mer Group présent à Brazzaville, en RDC, en Guinée, et Elbit davantage tourné vers l’Angola, l’Éthiopie, le Nigeria et l’Afrique du Sud.

Surveillance électronique 

L’armée israélienne reste présente dans cette configuration, au moins comme producteur de ressources humaines de qualité et de hautes technologies et le Cameroun y est toujours associé. Les performances des sociétés privées israéliennes de surveillance électronique doivent beaucoup à l’Unité 8200 spécialisée dans la “Cyber war ». Elle était utilisée par le patron du Mossad de 1989 à 1996 , Shabtai Shavit, qui dirige à présent le Mer Group et travaille depuis longtemps avec l’agence nationale  de  renseignement du Cameroun.

[1] Israel’s most storied forces, Unit 217. This elite counter-terrorism unit – originally made up of Druze fighters trained to operate in Arab areas – was also called Duvdevan, the Hebrew word for cherry, in honor of its ‘cherry-on-top’ status.

[2] Ape Action Africa » which was founded as the Cameroon Wildlife Aid Fund (CWAF) in 1997 before switching its name two years ago » is a charter member of the Pan African Sanctuary Alliance (PASA).

[3] The circumstances of the crash near the capital city of Yaoundé are unclear. According to local reports, the crash took place as Sivan was making his way to the city of Bamenda to supervise soldiers of the Cameroon military’s elite unit. The unit’s commander was also killed in the accident.

[4] Sivan fully outfitted his troops, providing, among other supplies, uniforms, Galil assault rifles, Negev machine guns and armoured personnel carriers, thanks to his connections to Meyuhas and his son Sami, who joined the family business. The Israelis never had to fret about funds drying up: at the express request of President Biya, the BIR was financed through an off-budget account of Cameroon’s national oil company.

Source : Mondafrique

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