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Référendum : Division entre organisations religieuses et traditionnelles, en quête d’un arbitre impartial

Où est l’arbitre ? s’interroge l’éditorialiste Chaka Doumbia dans sa chronique « Entre Nous » dans le journal « le challenger »

Le coup d’envoi des opérations référendaires a été donné, hier dimanche 11 juin 2023, avec le vote des forces armées de défense et de sécurité. En attendant le 18 juin, la campagne continue avec la mobilisation des différents camps qui battent le rappel de leurs troupes.

Mais le hic est que ce scrutin se passe sans arbitre. Une frange de la communauté musulmane, notamment la Ligue malienne des imams et érudits pour la solidarité islamique au Mali – Limama – appelle à voter contre le projet de constitution, à cause du maintien du concept d’Etat laïc et non celui d’Etat multiconfessionnel qu’elle propose. Cette organisation regroupant l’ensemble des imams du pays est membre du Haut conseil islamique du Mali (Hci).

En revanche, d’autres associations religieuses sont engagées pour le «oui». Les notabilités et légitimités traditionnelles sont actives dans la campagne pour le «Oui». Une partie de la Société civile malienne mobilise aussi pour un vote massif en faveur du «oui». Même l’administration publique est en train de battre campagne aux côtés de l’équipe gouvernementale. Des services publics ont libéré leurs personnels pour qu’ils participent au meeting organisé par le camp du «Oui», le 8 juin 2023, au Stade du 26 mars.

Ces pratiques, incompatibles avec l’esprit de la refondation prônée urbi et orbi, ont ravivé les inquiétudes de citoyens. Sans le changement de comportement, les seuls discours et textes pourraient-ils aboutir à une quelconque refondation ? Que l’on permette d’en douter

En effet, l’engagement de la société civile et de l’administration publique fausse les règles du jeu et est facteur potentiel d’aggravation de la crise en cas de contestations. La société civile et l’administration publique auraient dû conserver leur neutralité !

La première devait se contenter d’expliquer le texte en laissant aux citoyens de décider en toute responsabilité. Idem pour les notabilités et légitimités traditionnelles, habituellement au-dessus de la mêlée. Tout comme le vestibule du chef de village ou du quartier où tout le monde peut-être reçu sans discrimination, une Société civile peut servir d’alternative dans une République, avons-nous coutume d’écrire dans ces mêmes colonnes. C’est en raison de la bonne image qu’elle se donne qu’elle peut se faire entendre et respecter par les protagonistes d’un conflit d’intérêts, quelles que soient leurs divergences.

C’est aussi le cas de l’imam. Dans nos villes, villages et hameaux, il affiche une posture neutre. Il reçoit chacun et tous sans arrière-pensée. Il se rend chez tous les fidèles de sa mosquée, ses coreligionnaires à l’occasion des baptêmes, funérailles ou mariages.

Les cadres de l’administration publique servent le pays et non les hommes. La  haute administration devrait donc épargner de telles corvées surtout aux heures de travail.

En un mot, l’imam, le chef de village ou de quartier, le responsable de la société civile se mettent à équidistance des acteurs en compétition. Ils sont des recours pour la nation en cas de turbulences.

Par Chiaka Doumbia

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