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Installation des membres de l’AIGE du cercle de Sikasso : Ça sent le détournement d’une partie des frais d’installation

L’AIGE est l’Autorité Indépendante de Gestion des Elections. Cet organe est chargé d’organiser les élections au Mali. Elle est créée par la loi 2022-019 du 24 juin 2022 et a pour mission principale l’organisation et la gestion de toutes les opérati

Les membres sont nommés par le décret n°2022-0609/PT-RM du 12 octobre 2022 pour un mandat de 7 ans non renouvelable, les 15 membres de cet organe ont prêté serment devant la Cour suprême le 20 octobre 2022. Le président est Me Moustapha Cissé.

Les coordinations ont été créées et travaillent sous l’autorité du président de l’AIGE et ont la lourde tâche de conduire les opérations relatives au référendum, à l’élection du Président de la République, des députés à l’Assemblée nationale, des conseillers nationaux, des conseillers régionaux et du District et des collectivités territoriales.

Par ailleurs, dans certaines localités le choix des membres qui doivent composer la coordination locale a posé des difficultés mais qui ont été gérées. Néanmoins, dans le cercle de Sikasso, les membres soupçonnent le préfet de détournement d’une partie des frais d’installation. Installées le 25 mai 2023 et après avoir prêté serment le 29 mai 2023, les coordinations du cercle de Sikasso sont sûr les nerfs. Elles estiment que le préfet a détourné une partie de leurs frais d’installation. Selon des membres de coordination, ils ont reçu 15000 Fcfa au lieu de 45000 Fcfa à leur installation.

Selon AC, un membre de coordination locale : « Nous nous sommes renseigné auprès de toutes les coordinations, ils ont eu le même montant comme frais d’installation qui sont 45000 Fcfa, mais à Sikasso dans notre cercle, nous avons reçu 15 000 FCfa, nous pensons que le préfet a détourné notre argent, et c’est dans toutes les communes du cercle. »  Tels sont les propos que nous avons eus d’un des membres dans le cercle de Sikasso. Si cela s’avère vrai, c’est inquiétant et c’est un déshonneur pour un Malikura.

On se rappelle que le président de la transition, le colonel Assimi Goïta avait laissé entendre que «l’organisation d’élections libres et transparentes est une exigence du peuple malien. C’est la condition sine qua non de la stabilité politique à laquelle nous aspirons tous.» Si déjà, des responsables administratifs agissent à contre-courant des propos du président de la transition, si cette transparence annoncée est sabotée par des acteurs impliqués dans le processus électoral, on peut sans se tromper dire que le Malikura reste toujours un rêve avec une réalisation incertaine.

Si le président de l’AIGE, Me Moustapha Cissé, a laissé entendre que son équipe entend accomplir avec responsabilité les missions assignées à l’organe et que l’AIGE a un rôle et sa place « dans la construction du Mali de demain qui sortira d’élections transparentes, crédibles et acceptées de tous », qu’il sache que des agents ont des intentions malveillantes pour nuire à la transparence.

La lutte contre la corruption est défis majeur pour les autorités de la transition. Il faut le dire, c’est la grosse plaie à soigner pour que le Mali se retrouve face à son destin prometteur. Au Mali, l’injustice au niveau des structures étatiques a facilité l’intrusion du terrorisme au sein de nos communautés. Que ça soit la justice, la police, la gendarmerie, etc. les injustices perpétrées par ces services étatiques ont fait perdre au citoyen toute confiance. On a l’impression que les corrupteurs et les corrompus semblent ne plus être inquiétés.

Concernant Sikasso, il y aurait 43 coordinations de l’AIGE dans le cercle et chaque coordination est composée de 7 membres, tous seraient victimes du détournement des frais d’installation. À Kadiolo, il y aurait aussi des rumeurs concernant la même situation. Les membres concernés de Sikasso auraient décidé de s’unir le mercredi 7 juin 2023 au tribunal de grande instance de Sikasso pour prendre des mesures afin de revendiquer leur droit. Nous appelons le président de l’AIGE à chercher à comprendre ce qui se passe à Sikasso.

Nous demandons aux autorités de la transition de prendre des mesures pour bannir ces pratiques si elles s’avèrent vraies. Les plus forts abusent toujours des plus faibles. Tant que l’administration malienne restera dans cette posture de toujours profiter du denier public et de saboter le droit des citoyens, le terrorisme ne finira pas, car cela est aussi une forme de terrorisme.

Yacouba Dao  

SourceMalijet

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