DESINFORMATION : L’autre virus mortel de la Covid-19

La diffusion de fausses nouvelles peut avoir des conséquences fâcheuses voir destructrices pour la société. C’est bien, ce à quoi, on assiste avec la pandémie du coronavirus qui a déjà fait plus 6.000.000 de victimes à travers le monde selon l’organisation mondiale de la santé (OMS). La lutte contre cette maladie est rendue difficile à cause de la désinformation et la mésinformation. En plus des intox sur les sites parodiques et Facebook, les applicationsWhatsApp, Tweeter sont utilisées pour véhiculer des vidéos et des audio aux contenus manipulateurs visant à faire croire à la théorie du complot et au scepticisme. En Afrique et à ailleurs, ils sont nombreux àavoirpéri à cause de la désinformation et l’intox sur la Covid-19.

L’infodémie tue en Afrique autant que le virus de la Covid-19.C’est l’avis de quelques spécialistes que nous avons rencontré. D’uncôté, la peur constante d’être contaminé et de l’autre le refus d’observer les mesures barrières à cause des rumeurs autour de la maladie. Tels sont entre autres facteurs qui ont été à l’origine de nombre de morts du Coronavirus et d’autres pathologies qui, s’ils avaient bénéficié de soins n’auront pas trépassé.

Seydou Baba Traoré,Centre National d’Information, d’Education et de Communication en Santé (CNIECS)

« L’impact est négatif en ce sens que quand tu prends la vaccination avec AstraZeneca, il y a tellement de fakes news par rapport à ce vaccin. Aujourd’hui, le monde est un village planétaire où tout le monde est connecté. Ce vaccin vient de l’occident, si les occidentaux eux-mêmes doutent de la chose, ça amène les gens à réfléchir. Chez nous la vaccination devrait commencer par les médecins, là aussi, il y a eu beaucoup de réticence. Donc si les médecins refusent qui va accepter. C’est pourquoi, au niveau du CNIECS, nous avons décidé d’élaborer et diffuser des messages notamment avec les présidents des cinq ordres de santé et le président du comité scientifique. Il ya aussi l’engagement communautaire, on a fait le porte à porte pour sensibiliser les gens, faire des animations afin d’amener les gens à accepter la vaccination. Donc au CNIESC, face à la réticence soutenue par la désinformation, les fakes news, nous avons été obligés de déployer une batteries d’activités d’émission radio, Télé, animation publique, plaidoyer, sensibilisation ».

Mais le mal est fait. Les fausses nouvelles ont développé le scepticisme chez les populations dans une société à domination traditionnelle. Le doute dans l’esprit des citoyens sur notamment l’existence même du virus, la nécessité de respecter les gestes barrières et le vaccin anti-Covid-19, les expose et les condamne.

Markatié Daou, chargé de communication au Ministère de la Santé et du développement social

« L’impact de la désinformation volontaire et involontaire sur la lutte contre la maladie à coronavirus est patent. La désinformation sont aussi nuisibles que la maladie elle-même parce que les premiers impacts que nous avons constatés ont été le fait que et les agents socio-sanitaires et les usagers des centres de santé pensaient qu’une fois un cas positif détecté, qu’il faut abandonner la structure au risque de se faire infecter. Ça été le premier impact de la désinformation qui a fragilisé le système sanitaire au point lorsqu’on parlait d’un cas suspect déjà, les agents socio-sanitaires désertaient les lieux. On ne comprenait pas qu’un cas suspect n’est pas forcement un cas confirmé et un cas confirmé n’est pas un cas à abandonner et que sa prise en charge correcte constituait un garde-fou, une garantie pour éviter la propagation de la maladie. Le second impact des Fakes news a été la désorientation des agents socio-sanitaires. Par exemple quand on dit qu’il y a eu ‘’14 cas à l’Hôpital du Mali’’, ‘’des cas positifs évadés’’, un ‘’Monsieur en soins a escaladé le mur pour s’en fuir faut de nourriture’’ etc. Non seulement, ça met en doute l’efficacité du système de prise en charge des cas Covid-19 et la communauté d’accueil est aussi indexée, stigmatisée. Si c’est aux alentours d’un marché ou d’un centre commercial, vous verrez que cela va impacter sur les recettes du marché en question. On a vu ces cas avec une autre maladie semblable qu’est Ebola. Quant on a dit que le centre d’isolement était installé à Lassa, même les produits agricoles et maraîchers dudit quartier n’étaient plus écoulés comme c’était le cas. Vous avez le cas de la Dame arrivée de Paris. On a dit qu’était testé positif, elle s’est cachée pour venir au Mali etc. C’était des fausses informations et la Dame a porté plainte.

Les rumeurs, que ça soit sur la prise en charge de la maladie, que ça soit sur la maladie ou que ça soit sur la vaccination ont eu les mêmes impactes. Concernant la vaccination, il a été dit que le vaccin AstraZenca transformait les humains en cheval, provoquait d’autres maladies ou encore créait une coagulation sanguine. Toutes ces fausses informations ont beaucoup impacté le processus de vaccination au Mali. Ce qui fait que quand le vaccin est arrivé, nous avons mis le temps nécessaire pour sensibiliser, pour mettre un dispositif assez huilé afin que les gens ne continuent pas à épouser et à développer les mêmes susceptibilités sur le produit. Même si nous avons réussi des prouesses, mais en réalité l’impact des premières rumeurs est resté. Donc normalement on devrait inoculer la moitié des 396.000 doses reçues en 40 ou 50 jours de vaccination. Nous n’avons pas atteint la moitié parce que les gens ont développé une certaine suspicion vis-à-vis du produit.

Donc c’est pour vous dire que, les rumeurs et la désinformation volontaire ou involontaire a un impact négatif réel sur la lutte contre la maladie du coronavirus, sa prise en charge et même la vaccination.

Au niveau du département, on a mis en place un centre d’appels téléphoniques ouvert à tous dont les numéros sont connus. Cela nous a permis d’enregistrer beaucoup de questionnement auxquels nous avons donné des réponses. Sur les réseaux sociaux, le même système est en cours qui mérité d’être renforcé. Grâce à un partenariat avec l’UNICEF, ce renforcement est en cours. Nous sommes entrain de travailler avec un certain nombre d’influenceurs pour couper court aux rumeurs concernant la vaccination ».

Dr Seidina A. S. Diakité, Enseignant Chercheur, Maître-Assistant d’Immunologie à la Faculté de Médecine et Pharmacie /Université des Sciences des Techniques et des Technologies de Bamako

Pour ce spécialiste de la santé, il faut réorganiser la communication autour de cette maladie de façon verticale  allant des scientifiques (chercheurs) aux professionnels de santé qui serviront de relais auprès de la population.

La désinformation autour de la covid-19 à surtout été alimentée par le caractère émergent de la maladie (nouvelle maladie inconnue). En effet ce caractère émergent  de la maladie à engendré des tergiversations dans les discours officiels des gouvernant, des scientifiques et praticiens (médecins) sur la maladie ouvrant la porte à des actes de désinformation délibérés sur la Covid-19 et le système  de santé moderne de façon générale. Aussi l’origine chinoise du virus a fait l’objet de manipulation à visée géopolitique. Les impacts de ces désinformations ont rendu très difficile la lutte contre la covid19. Il s’agit : de la décrédibilisation des systèmes de santé de façon générale touchant même à l’organisation mondiale de la santé ; la dramatisation de la maladie affectant même la fréquentation des structures de santé et même la désertion de ces structures et enfin un taux faible d’adhésion au processus vaccination anti-Covid qui pourrait aboutir à la péremption des dizaines de milliers de doses de vaccin. 

Il y  a la nécessité de réorganiser la communication autour de cette maladie de façon verticale  allant des scientifiques (chercheurs) au professionnel de santé qui serviront de relais au près de la population. Il faut aussi promouvoir le journalisme scientifique qui faciliterait la diffusion d’informations scientifique  sûres.

« Les intox et autres désinformations contribuent à faire douter les populations de l’existence réelle de la maladie. De ce fait, ils seront tenter d’ignorer les mesures édictées pour limiter la propagation du COVID19, l’auto confinement et surtout le refus de la vaccination (le seul moyen de prévention sûr). Les intox ont aussi contribué à augmenter le taux d’auto médication entravant ainsi les efforts de recherche sur le traitement », nous confie DrLamine Mohamed Diakité, médecin colonel de la protection civile, Directeur régional de la protection civile de Menaka.

Même dynamique au plan mondial,l’infodémie sur la pandémie du coronavirus a pris le pouvoir sur les réseaux sociaux.

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Updated: juin 1, 2021 — 11:14

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