Le Chef d’Etat-major, Youssouf Toloba : « Danna Amassagou peut être dissout à une seule condition : le retour de l’armée pour sécuriser les populations »

Les commentaires poussent comme des champignons depuis la dissolution de l’Association Danna Amassagou par le gouvernement. Si cette décision est appréciée par beaucoup, certains estiment qu’il faut même  la désarmer aussi bien que toutes les autres milices.

D’autres estiment qu’on ne devrait pas lier sa dissolution à l’attaque d’Ogossagou dont les auteurs ne sont pas encore connus officiellement.

Le 1er responsable de ladite association s’est aussi prononcé sur le sujet. D’un ton dur,  il n’a pas caché son désaccord face à la décision  du gouvernement. « Nous ne sommes pas d’accord avec la décision prise par le Premier ministre et son président. Pour quelle raison vont-ils  dissoudre notre association ? Qu’ils nous le disent ! »,  a déclaré Youssouf Toloba dans son message vocal de 11 minutes. Il va loin en déclarant : «L’État n’a pas créé Danna Amassagou. Comment peut-il dissoudre une association qu’il n’a pas créée. Travaille-t-on dans ses (État) règlements ? »

À ses dires, le pays dogon a enregistré des centaines de morts de 2016 à nos jours, et a affirmé que   Peul, Bamanan, Daffing, Dogon … sont  tous les mêmes, des frères. Sans tabou, Youssouf Toloba laisse entendre  que ceux qui sont en train de tuer les populations ne peuvent évoquer aucune raison valable pour expliquer leurs crimes. Pourtant, ces gens sont, selon lui, connus de tous. «Les bandits qui sont là, tout le monde les connait », laisse-t-il entendre.

À en croire son leader, l’association Danna Amassagou est prête à déposer les armes si ceux qui sont dans la forêt (les terroristes)  les déposent. « J’informe l’opinion nationale et internationale que si ceux qui sont dans la forêt déposent les armes, Danna Amassagou déposera aussi. Tant que cela n’est pas fait, on ne déposera pas les armes », a-t-il dit haut et fort.

À en croire Youssouf Toloba, cette crise sécuritaire a conduit les populations du pays dogon dans la famine. « La famine est pire que les armes : l’année dernière, on n’a pas cultivé et cette année aussi, on ne va pas cultiver .Qu’est-ce que l’État a dit ? », se plaint-il du silence de l’État à ce niveau.

Par ailleurs, Danna Amassagou s’oppose à  la mesure de l’État à son encontre alors qu’il y’a plusieurs autres mouvements dans la région de Mopti. « Et  les autres mouvements ?…Maintenant qu’il y’a des dégâts, vous parlez de Danna Amassagou. Est-ce que c’est  Danna Amassagou qui a fait l’attaque ?  », se plaint-il avant d’ajouter : «Personne n’est supérieur à l’autre. Combien de mouvements y’a-t-il aujourd’hui dans la région de Mopti ? » Il a, par la suite, invité les gouvernants à travailler sur la vérité.

Danna Amassagou prête à déposer les armes  si l’armée est déployée pour sécuriser  le pays dogon

Dans son message, le 1er responsable de l’Association Danna Amassagou dit clairement que lui et ses éléments sont prêts à déposer les armes le jour où l’armée sera présente pour sécuriser la zone. « De Dioura à Homboris ,  de Homboris à Youwarou,  de Youwarou à Ouenkoro,  de Ouenkoro jusqu’à  Djenné, ce que nous demandons , c’est que  l’armée vienne sécuriser le lieu. Si l’armée est présente pour sécuriser la zone, vous ne verrez  personne combattre qui que ce soit », a-t-il laissé entendre. Parlant du désarmement de son mouvement, Toloba affirme qu’il n’en est pas question en absence de l’armée pour sécuriser la zone. « Pas question de dissoudre notre association alors que vous n’avez pas sécurisé les populations », dit-il avant de  tenir le gouvernement responsable des conséquences au cas du désarmement par force.

Youssouf Toloba demande au gouvernement d’instaurer le dialogue

Pour cette association  des chasseurs, seul le dialogue peut mettre fin à cette crise au centre du pays. D’ailleurs, il invite l’État à s’engager pour ce dialogue. «  Si l’État veut la paix dans ce pays, qu’il instaure  le dialogue, qu’il appelle les gens, les vrais acteurs de la crise ;  ceux dont il appelle ne sont pas les vrais acteurs », déclare Toloba. Et d’ajouter : « Aujourd’hui, le souhait des populations du pays dogon est que l’armée vienne sécuriser leur zone ».

Toloba s’est aussi prononcé sur la récente nomination de certains chefs militaires. « Les généraux, les colonels, les lieutenants qu’il est en train de nommer n’étaient-ils pas là ? Étaient-ils à l’extérieur ? … », clashe-t-il les gouvernants.

Il est important que l’État prenne au sérieux  la situation du centre afin que la paix revienne dans cette zone, que la confiance renaisse entre ces deux communautés (Peul-Dogon) qui ont su vivre dans une parfaite harmonie durant des siècles.

Boureima Guindo

Source: Le Pays

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Updated: mars 28, 2019 — 12:46

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